Créer une SASU implique très vite de choisir une banque. Le président de SASU doit séparer ses finances personnelles de celles de la société, et les néobanques ont fait baisser le coût de cette étape. Voici ce qu’il faut savoir sur l’obligation, les critères de choix, les tarifs et la procédure d’ouverture d’un compte pro en ligne SASU.
Le compte professionnel en SASU : obligation légale et enjeux
La SASU est une société dotée d’une personnalité juridique propre. Son patrimoine est donc distinct de celui de son associé unique, et ses flux financiers doivent passer par un compte bancaire professionnel ouvert à son nom. Mélanger les dépenses personnelles du dirigeant et celles de la société expose à un risque d’abus de biens sociaux et complique sérieusement la comptabilité.
Ce compte intervient dès la création, pour le dépôt de capital. Les apports en numéraire sont versés sur un compte bloqué, et l’établissement remet une attestation de dépôt de capital. Ce document fait partie des pièces demandées pour l’immatriculation au guichet unique, ce qui impose d’ouvrir le compte avant l’envoi du dossier. Pour une SASU, au moins la moitié des apports en numéraire doit être libérée à la constitution, le solde pouvant l’être dans un délai de cinq ans. Le capital social peut descendre à 1 €, même si un montant plus élevé rassure partenaires et financeurs.
Le dépôt peut aussi se faire chez un notaire ou à la Caisse des dépôts. En pratique, la plupart des créateurs passent par une banque en ligne ou une banque traditionnelle, car ils ont de toute façon besoin d’un compte courant pour exercer leur activité.
Capital bloqué : l’étape à ne pas oublier avant l’immatriculation
Tant que la SASU n’est pas immatriculée, les fonds restent bloqués. Ils sont débloqués une fois l’extrait Kbis transmis à la banque. Il faut donc prévoir quelques jours pour la réception du Kbis avant de pouvoir payer vos premiers fournisseurs.
Comment choisir le meilleur compte pro en ligne pour votre SASU ?
Les critères de comparaison essentiels
Le premier critère est le tarif, mais l’abonnement affiché ne dit pas tout. Une offre à bas prix peut limiter le nombre de virements SEPA, facturer les retraits ou réserver certaines fonctions à une formule supérieure. Il faut estimer ses propres besoins mensuels (nombre de virements, cartes, encaissements) avant de comparer les frais bancaires.
Viennent ensuite les fonctionnalités bancaires. Vérifiez que la carte bancaire professionnelle est incluse, que les plafonds de paiement conviennent et qu’un terminal de paiement ou un lien de paiement en ligne est disponible si vous encaissez des clients. Les outils de gestion comptent beaucoup : émission de factures, rapprochement automatique des justificatifs et connexion directe avec votre expert-comptable font gagner un temps précieux sur la comptabilité.
Enfin, regardez la qualité du service client (chat, téléphone, délais de réponse) et la possibilité de déposer le capital social à distance. Pour une activité de conseil ou de freelance, un compte simple suffit souvent. Un commerce ou une activité avec encaissements fréquents demandera des options plus poussées.
Comparatif des principales néobanques pour SASU
Le marché est très large. Un comparatif spécialisé relève en 2026 un prix moyen d’environ 15 € par mois, avec des formules allant de 7,90 € à 99 € selon les acteurs. Les offres d’entrée de gamme se situent autour de 9 € HT par mois, tandis que les formules haut de gamme dépassent souvent 39 € HT par mois, notamment lorsqu’elles incluent davantage de virements, des sous-comptes ou des assurances. Ces tarifs évoluent régulièrement : confirmez-les sur le site de chaque établissement avant de vous décider.
| Type d’offre | Budget indicatif | Profil de SASU concerné |
|---|---|---|
| Formule gratuite ou sans abonnement | 0 € par mois, frais à l’usage | Activité de démarrage, peu d’opérations |
| Entrée de gamme | Environ 9 € HT par mois | Freelance, consultant, petit volume de virements |
| Formule intermédiaire | Autour de 15 € par mois | Facturation intégrée, cartes multiples |
| Premium | 39 € HT par mois et plus | Volume élevé, sous-comptes, assurances |
Parmi les acteurs les plus cités figurent Qonto, Shine, Tide, Tiime, Revolut Business ou Indy. Certains se concentrent sur la banque pure avec des cartes et des virements. D’autres misent sur la gestion : facturation, suivi de TVA, accès partagé avec l’expert-comptable. Un acteur aux outils de gestion riches peut coûter plus cher à l’abonnement, mais faire économiser du temps, voire une partie des honoraires comptables.
Les avantages d’un compte pro en ligne pour une SASU

Le premier atout d’une banque en ligne est le coût. Les formules démarrent souvent entre 0 et 30 € par mois, contre 20 à 50 € par mois en banque traditionnelle selon les services inclus. Les frais de tenue de compte, de carte et de virement sont plus lisibles, et les grilles tarifaires sont consultables avant l’ouverture, sans passer par un rendez-vous commercial.
La rapidité est le deuxième point fort. L’ouverture se fait depuis un ordinateur ou un smartphone, sans déplacement en agence, ce qui convient bien à un dirigeant qui travaille seul. La gestion quotidienne suit la même logique : application mobile, notifications en temps réel, cartes virtuelles pour les abonnements ou le paiement en ligne.
Les néobanques proposent aussi des outils que les banques classiques réservent souvent à des offres payantes ou à des prestataires tiers. On y trouve des catégories de dépenses, l’import automatique des justificatifs et un export vers le logiciel de comptabilité. Le point faible reste le conseil personnalisé : pour un crédit important ou un financement complexe, une banque traditionnelle garde l’avantage grâce à un interlocuteur dédié. Beaucoup de présidents de SASU gardent d’ailleurs les deux, avec un compte en ligne pour le quotidien et une relation bancaire classique pour les emprunts.
Ouvrir un compte pro SASU en ligne : procédure et documents
La procédure suit quelques étapes assez standardisées d’un établissement à l’autre. Voici l’ordre à respecter pour ne pas bloquer l’immatriculation :
- Comparer les offres et choisir l’établissement selon vos besoins réels.
- Remplir la demande d’ouverture en ligne en indiquant la forme juridique, l’activité et le siège.
- Transmettre les documents justificatifs demandés.
- Vérifier votre identité par vidéo ou par selfie, puis signer électroniquement.
- Virer le capital social sur le compte, puis récupérer l’attestation de dépôt de capital.
- Déposer le dossier d’immatriculation au guichet unique avec cette attestation.
- Envoyer l’extrait Kbis à la banque pour débloquer les fonds.
Côté pièces, préparez les statuts de la société (projet signé avant l’immatriculation), une pièce d’identité en cours de validité du président, un justificatif de domicile et la preuve de l’adresse du siège. Certains établissements demandent également des informations sur le bénéficiaire effectif, qui est ici le président lui-même. Après l’immatriculation, l’extrait Kbis complète le dossier.
Si votre SASU existe déjà, la démarche est plus courte : le Kbis remplace le projet de statuts et aucun dépôt de capital n’est nécessaire. Dans tous les cas, le compte doit porter le nom exact de la société, pas celui de son dirigeant, et il ne doit servir qu’aux opérations de l’entreprise.
Faire le bon choix selon votre activité

Le meilleur compte pro en ligne SASU est celui qui correspond à votre volume d’opérations, pas forcément le moins cher ou le plus complet. Un consultant avec quelques factures par mois n’a pas besoin des mêmes fonctions qu’un e-commerçant qui encaisse des centaines de paiements. Prenez le temps de lire les conditions, notamment les plafonds et les frais annexes, car le coût réel dépend surtout des opérations incluses dans votre formule.
Commencez par une offre d’entrée de gamme si vous démarrez, puis montez en gamme quand l’activité le justifie. La plupart des néobanques permettent de changer de formule sans frais de clôture, ce qui limite le risque d’un mauvais choix au départ.





